Les espèces d’aigle dans le monde : préservation, symbolisme et biomimétisme

Chaque espèce d’aigle présente des aptitudes inédites pour la prédation. Fleurons de technologie, nombre d’entre elles sont pourtant, de même que le célèbre panda géant, en voie de disparition. Qu’en est-il de la préservation de l’habitat et de l’environnement des différentes espèces d’aigle, en France et ailleurs ?


Les espèces d’aigle les plus connues et leur statut



Il en existe près de 60 sur Terre, réparties sur tous les continents, exception faite de l’Antarctique. La plus connue d’entre elles est certainement la pygargue à tête blanche ou “Bald Eagle” en anglais, l’emblème américain. Très présente au début du XXè siècle, elle est pourtant portée sur la liste rouge de l’UICN en tant que préoccupation majeure au milieu du siècle. Cette espèce d’aigle retrouve une certaine ampleur grâce à des réglementations sur le sol américain, jusqu’à être considérée comme préoccupation mineure sur cette fameuse liste en 2007.




Plus proche de nous, la circaète Jean-Le-Blanc se retrouve sur tout le pourtour méditerranéen et est protégée en France. Cette espèce d’aigle se nourrit de reptiles. Elle chasse en vol stationnaire et ceux-ci peuvent atteindre 400m d’altitude. Elle fond alors sur sa proie grâce à sa vue perçante.


De même que sa cousine outre-atlantique, la circaète est une espèce d’aigle qui se trouve sur la liste rouge de l’UICN dans la catégorie “préoccupation mineure” qu’elle a rejoint grâce à une forte réglementation.


L’aigle royal, chassé, empoisonné et envahi depuis près de deux siècles, retrouve avec peine un effectif stable ces dernières années. Depuis l’interdiction de l’utilisation du DDT, un pesticide qui fragilise la coquille des oisillons et perturbe la reproduction, la population a recommencé à croître. Malgré tout, cette espèce d’aigle a un statut de conservation toujours considéré comme “défavorable”.


Ce bilan peut se généraliser à toutes les espèces d'aigles moins connues. Elles sont considérées comme à la pointe de la chaîne alimentaire. Pourtant, victimes de saturnisme, de chasse ou encore de destruction de leur habitat, certaines pourraient bien disparaître.



Le bald eagle, l’aigle royal : les espèces d’aigle comme symbole de puissance


Le “bald eagle” américain est une des espèces d’aigle qu’on ne présente plus, symbole de suprématie et emblème du pays, sa puissance nous vient de l’Antiquité, et elle est l’une des rares à avoir été sortie (en 2007) de la liste des espèces en voie de disparition. (lien).

De tout temps, outre-Atlantique comme sur le Vieux Continent et ailleurs, nombreuses sont les espèces d’aigle employées comme symbole céleste, de solaire, mais aussi de supériorité et de conquête. De Jules César à Napoléon, les grands conquérants ont souvent utilisé l’aigle comme marqueur de puissance. Peut-être que c’est ce qui fragilisé ces espèces d’aigle pendant un temps : elles fascinent autant qu’elles attirent, comme trophée ou bien comme animal de chasse. A nous d’utiliser cette symbolique pour les rétablir plutôt que les acculer.



Point commun à toutes les espèces d’aigle : une inspiration biomimétique


Chaque espèce d’aigle est unique en son genre : que ce soit par sa couleur, ses caractéristiques physiologiques ou encore sa zone géographique. Chacune a pourtant des propriétés daérodynamisme hors pair, qui ont abouti au développement d’une technologie bio-inspirée parmi les plus connues : le système de winglets, qui redirige les turbulences en bout d’ailes sous forme de vortex et freine un peu moins l’avion. Ce dispositif permet donc de limiter la traînée de l’avion, tout en garantissant la portance de l’aile, ce qui accroît le rendement du moteur et diminue donc la consommation de carburant.


L’acuité visuelle sans précédent des différentes espèces d’aigle est étudiée par certains universitaires, notamment à l’université de Beijing pour développer une caméra du futur basée sur le système de la fovéa qui procure à ces rapaces leur oeil si perçant. Il s’agirait de monter un système de deux caméras différenciantes : l’une à champ large et l’autre à champ étroit, permettant un focus spécifique en fonction des zones d’intérêt.


Fait bien plus étonnant, leur mode de chasse est étudié pour une transposition biomimétique hors du commun : une stratégie d’optimisation algorithmique à l’efficacité accrue. Nous pouvons donc apprendre beaucoup de toutes ces espèces d’aigle : leur disparition ne serait pas seulement une menace pour la biodiversité, mais aussi une grande perte scientifique et technologique.