Architecture biomimétique : quand le bâti devient écosystème

L’architecture biomimétique offre à l’homme un nouveau prisme de développement dans un monde où les restrictions en termes de ressources deviennent indispensables. À l’aune d’une ère de développement durable et écologique, l’architecture biomimétique ouvre une nouvelle voie pour concevoir la ville de demain.

1

L’architecture biomimétique face aux enjeux d’un monde qui change

Les secteurs de l’électronique et des technologies de communication sont en pleine croissance. En parallèle, ce dernier siècle a connu une autre rupture : celle de l’urbanisation mondiale.

 

Depuis le milieu du XXème, la croissance urbaine a littéralement explosé sur toute la surface du globe. Alors qu’en 1950, la région d'Île-de-France abritait déjà plus de 6 millions d’habitants, elle dépasse le seuil des 10 millions d’habitants en 2005,  pour atteindre les 11 millions aujourd’hui ! 

En raison de cette prolifération et des difficultés de gestion des ressources qu’impliquent une urbanisation de masse, on remarque actuellement une dégradation inédite des sols et des écosystèmes naturels, expliquant, en partie, l’importante désertification de nombreux territoires. 

 

L’architecture biomimétique peut nous aider à relever ce défi, en incitant nos sociétés à repenser les espaces habités afin d’augmenter leur résilience. À savoir, le concept de résilience est étroitement associé à une démarche durable et circulaire, voire restauratrice.

2

L’architecture biomimétique, un pont entre l’Homme et la Terre

Devant le constat de ces destructions engendrées par l’humanité, de nombreux designers et architectes se sont engagés dans la restauration des milieux et de la biodiversité. C'est dans ce contexte qu'émerge l'architecture biomimétique auto-suffisante en ressources et directement inspirée de la nature qu’elle espère guérir. 

Parmi eux, le britannique Michael Pawlyn s’est lancé dans le projet de reboiser le Sahara au moyen de serres inspirées des onymacris unguicularis. Cette espèce de coléoptères du désert, est réputée pour sa capacité à récolter l’humidité de l’air. En effet, les élytres de ces insectes - protections chitineuses recouvrant leurs ailes - sont ponctuées de protubérances hydrophiles. Celles-ci récoltent l’humidité du brouillard pendant que des creux hydrophobes assurent l’évacuation, vers la tête, des gouttelettes formées. 

 

Ces mêmes stratégies ont été utilisées pour imaginer de nouvelles solutions d’habitation permettant de développer une relation symbiotique entre le vivant et le bâti. Dans cette optique, un cabinet d’architecture a conçu une bio-façade adaptée à l’algoculture. Les micro-algues, en plus de présenter un intérêt esthétique évident, captent le CO2 présent dans l’atmosphère et peuvent être récoltées pour servir à la fabrication de biopolymères ou de biocarburants. 

 

Ainsi, de nombreux projets d’architecture biomimétique se développent et présentent peu à peu une alternative à la ville de béton, de verre et d’acier, pour un habitat intégré, enfant de l’ingéniosité de l’Homme et de la nature.

On retrouve également, dans l’architecture biomimétique de cette barrière verte, des stratégies naturelles d’optimisation. S’inspirant directement de la stratification des écosystèmes forestiers, l’architecte a décidé d’utiliser l’ombre projetée par des panneaux solaires pour cultiver des espèces buissonnières ou herbacées.